Y’a l’Goncourt pour les gens d’ lettres,
Un prix Artaud pour les poètes,
Des Victoires pour nous les chanteurs,
Des Césars pour les acteurs, n’en jetez plus !
Y’a des trophées pour les athlètes,
Un tapis rouge pour les vedettes,
Des ballons d’or pour les footeux,
Des médailles Fields pour les matheux,
Qu’on n’est plus !
Mais qu’est-ce qui récompense les gens simples et dévoués ?
On a comme perdu le sens des priorités.
Y’a mille concours d’éloquence,
Pléthore de concours de beauté,
Mais quelle drôle d’évidence,
Y’a pas de concours de bonté !
Les Miss France sont couronnées
Et nos grands chefs étoilés.
On offre à des influenceuses
Voyages et nuits fastueuses, tel un dû !
Mais qu’est-ce qui récompense les gens simples et dévoués ?
On a comme perdu le sens des priorités
Y’a mille concours d’éloquence,
Pléthore de concours de beauté,
Mais quelle drôle d’évidence,
Y’a pas de concours de bonté !
Ces belles âmes qui se dépensent,
Si rarement récompensées
Le font de toute évidence sans compter rien escompter.
Ainsi va la bienveillance de nos voisines de palier
De tous ceux, quand y on pense,
Dont le cœur est inondé :
De courage et d’innocence, d’amour et d’humilité,
Toi l’AVS, toi l’éduc’ spé, toi l’ médiateur, toi la retraitée
Qui donne du soutien scolaire et toi l’hébergeur solidaire
Toi l’aide à dom’, toi l’ bénévole,
Toi qui sers nos mômes à l’école.
Mais qu’est-ce qui récompense les gens simples et dévoués ?
On a comme perdu le sens des priorités.
Y’a mille concours d’éloquence,
Pléthore de concours de beauté
Mais quelle drôle d’évidence, y’a pas de concours de bonté !
Et tant mieux, en un sens, qu’il n’y ait pas de concours de bonté.